A la Cité de Refuge, une formation aux petits oignons pour sortir de l’exclusion

La presse en parle…

A Paris, dans le XIIIe arrondissement, L’Armée du Salut et la société de restauration Geres s’unissent pour former 12 chômeurs de longue durée au sein même de l’entreprise.

Endosser son tablier le cœur léger, avec l’envie de faire et bientôt le savoir-faire. Magalie connaît bien ce sentiment, qui la fait se lever le matin pour apprendre son métier. Cette maman de 23 ans, seule avec 2 enfants et aucun diplôme à faire valoir, est l’une des 12 salariés de Capa’Cité, le dernier-né des dispositifs d’aide à la réinsertion mis en œuvre par l’Armée du Salut au sein de son « vaisseau amiral » parisien, la Cité de Refuge (XIIIe), qui héberge toute l’année environ 340 personnes.

Autrefois réservé aux hommes, le lieu s’est adapté à l’inquiétante évolution de la grande précarité, et accueille désormais 16 % de femmes et 11 % d’enfants. « Il y a de plus en plus de familles et de mamans à la rue », note avec regret Cédric Hervé, directeur adjoint de la Cité de Refuge et responsable du pôle économie sociale et solidaire (ESS).

Embauchés pour un an

Ce chantier d’insertion innovant, c’est son idée, née d’un constat pragmatique : la nécessité de jeter des ponts entre des parcours professionnels trop minces et chaotiques, et le monde réel de l’entreprise. « Il fallait donc travailler ensemble, créer un chantier d’insertion à 100 % avec une entreprise, explique-t-il. D’où l’idée de cette « structure d’insertion par l’activité économique » (SIAE), lancée en partenariat avec Geres, le prestataire de la restauration à la Cité de Refuge.

La société de restauration collective et son centre de formation donnent aux 12 salariés, embauchés pour un an par la Cité de Refuge, un parcours qualifiant au sein de la société. « Le principe est de n’embaucher que des chômeurs de longue durée, des seniors, des personnes atteintes d’un handicap, des femmes isolées… en fait les plus éloignés du travail », précise Cédric Hervé.

A l’issue de leur année de formation pratique et théorique, en immersion dans cette vaste cuisine où se préparent 300 repas chaque jour, 365 jours sur 365, tous seront capables de devenir agents de restauration.
« Un vrai départ, une vraie chance »

Certains prolongeront leur parcours dans une autre structure du groupe, tous en tout cas ont très faim de réussir. Et Magalie n’est pas la moins affamée, elle qui n’avait qu’un petit boulot dans la vente de vêtements, abandonné « parce que je n’aimais pas ça » raconte-t-elle.

Adressée à l’Armée du Salut par la Mission locale de Paris, lorsque la fondation recrutait sa « promotion » de 12 salariés, Magalie a définitivement tourné une page. « Avant d’arriver ici, je ne savais même pas faire la salade, sourit la jeune femme. J’ai appris beaucoup de choses et ça m’a donné envie d’aller plus loin. En plus, cela m’a ouvert des portes : avant je vivais à l’hôtel avec mes enfants, grâce à mes fiches de paie j’ai obtenu un logement… c’est un vrai départ, une vraie chance ». Sous la charlotte réglementaire, elle mûrit aussi son rêve, « devenir chef et avoir un truc à moi », espère-t-elle.

Le Parisien, Elodie Soulié| 16 janvier 2019

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